PDV Iris.

 

— C'était sympa la grande vitesse?

Je souris.

—Nan, sans blague. C'était génial, si j'avais pu j'aurais surement pris une moto à la place de ma bonne vieille voiture. Moins pratique certes, mais tout de suite plus plaisant.

— Pourquoi tu peux pas te prendre une moto à la place ? Il pose la question avec un petit air perplexe.

— Ca serait moins pratique les matins ... je l'élude avec un petit geste de la main tandis que nous pénétrons àl'intérieur du cinéma. Il y a peu de monde étrangement, mais il y a tout de même une petite file d'attente.

— Tu veux du pop-corn?

— Yop ! Salé, si possible, je reponds en balayant le hall du cinema du regard. 

—Tant mieux, je hais le sucré, comme ça on va pouvoir partager.

Un point commun de plus, uh. Encore une fois ça me fait étrangement plaisir mais je ne dis rien et attends qu'il se procure le pot de popcorn avant que nous allions acheter les places. 

Peu de gens assistent à la seance au final et nous sommes arrivés en avance, on se chamaille donc gentiment pendant quelques minutes (avec des arguments plus ou moins convainquants) pour choisir les places, avant de finalement s'installer.

 

Sans tarder, Max se sert dans le pot qu'il a posé entre nous deux et dans sa précipitation, il en laisse tomber une entière poignée dans mes cheveux.

 

— Oupch, décholé !

— Oh putain.

Je suis pas du genre à m'enerver pour ce genre de trucs (après tout on peut être maladroit de temps en temps ... mais pas trop)  alors je me contente juste de l'aider à ramasser les quelques grains dans mes cheveux.

Il a l'air appliqué, essayant de ne pas m'arracher de cheveux au passage ce qui me fit sourire interieurement. Au bout de quelques instants, il finit même par tirer un peu la langue, ce qui me surprend.

... Eh, mais il a carrément l'air mignon là. Putain mes hormones. Je finis par détourner le regard; heureusement que je suis habituée à rester impassible, on aurait bien ri sinon.

Quelques instants après, il a fini sa tâche et me sourit, l'air satisfait avant de me tapoter un peu la tête comme pour s'assurer que des grains ne vont pas soudainement apparaître.

— C'est bon, t'as plus rien!

Il reprit une bouchée plus prudemment et l'engloutit avant de m'en proposer, ce quit me fit sourire . Il est vraiment tactile celui là. Pas pour me déplaire, m'enfin ...

 

         J'attrape moi aussi une poignée, puis pendant que j'engouffre les petales par petites bouchées, les lumieres s'eteignent : Le film commence.


 — Si tu flippes, évites de m'étrangler si t'as besoin de te serrer à un homme viril. Il me sourit.

 — En termes d'homme viril, je crfois que je préfère encore l'accoudoir de mon fauteuil, je réponds en riant.

 — C'était juste pour insinuer que ça me dérangeait pas, il me sourit en retour tandis que mon coeur accélère plus vite sans aucune raison.

Mais qui te dis que ca me gênerait, je pense. Argh. Mais c'est quoi ce regard ?

 — Tss, en attendant, moi j'ai mon accoudoir et la terre tourne autour du Soleil, tout va bien, je souris en coin, légèrement troublée.

 — Parfait alors ...

 

Le film commence vraiment après qu'il se soit avachi sur son siège. Le début ne ma parait pas incroyable puis ... Je crois que je n'ai jamais autant regretté le choix de ce film.

Il est juste totalement terrifiant et ce ne sont pas les hurlements mélodieux qui emplissent la salle qui vont s'opposer à moi; rien que Max est déja en train de hurler sa mère tandis que ... je fais de même.

Très franchement, je pense que si quelqu'un avait enregistré la sceène, il aurait réussi à se faire un bon gros paquet d'argent ... WOW.

Wow. J'aurais jamais pensé que l'intérieur d'un doigt ressemblait à ç-- oh mon dieu.

C'est en essayant de toutes mes forces de détourner mon regard de l'écran qu'une évidence me frappe : tout autour de nous ... Il n'y a que des couples.

Mais où est passée ma chance, je vous le demande ? 

 

Alors que dans mon cerveau s'enchainaient des questions sans aucun intérêt, une pression sur ma main me fit tilter, et je découvre Maxime en train de plisser les yeux d'une manière qui rappelait étrangement Castiel devant la trousse à maquillage de Vanessa (en même temps, il doit être perdu devant le magasin de maquillage qui représente la sacoche qu'elle trimballe partout avec elle).

Il tente d'échapper à la scène de boucherie qui se déroule devant nos yeux en broyant ma main. Efficace, certes, mais moins que de fixer les fauteuils. En attendant, il me trouble fortement là.

Je finis par me pencher vers lui pour chuchoter : Regarde vers moi, ca sert à rien de te forcer à regarder ce genre de scènes, tu sais.
  — Hmm...

Il ouvrit soudainement de grands yeux, incapable de détourner la tête, tout en serrant ma main de plus belle.


Ah, mais c'est qu'il est têtu.


Je soupire et finis par serrer sa main dans la mienne aussi, tant qu'à faire. Le voir flipper comme ca, c'est vraiment pas agréable.

Alors que j'avais décidé de compter les hurlements et de les classer du plus strident au plus rauque, des bras m'enlacèrent soudainement comme si j'étais une sorte d'ours en peluche. Je sentis qu'on me murmurait des mots à l'oreille comme pour me rassurer.


... ... ... 

... Vous avez deja eu l'impression que votre vie commencait vaguement à ressembler à une de ces series mielleuses pour adolescentes ? Parce que moi OUI.
Le pire c'est que je suis bien là. Quand je disais qu'il etait confortable, c'etait pas des foutaises ; et il sent bon en plus. Bien. Faisons comme si cette situation etait normale.


... pourquoi il tremble ? 'Se passe qu ... OKAY. J'ai commis l'erreur de regarder l'ecran.


Nota Bene : Non seulement les fauteuils sont interessants, mais ses converses aussi !

Il y a comme un silence maintenant, avec Max qui continue de me broyer sa main et de me serrer contre son torse. Enfin, silence, vous savez on finit par s'habituer aux hurlements ... Mais pas aux bruits de scie électrique.

  — J'aime bien ... ta coiffure ... murmure-t-il soudain tout en frottant nerveusement mes cheveux d'une manière plutôt étrange.

 

  — ... Merci ... je suppose.

Il deconne là. Il m'a toute ébourrifee. Oh god, tablettes de chocol -- Hum.

 — Et sinon, ça va bien ? La famille ...

Une giclée de sang sur le parquet.

 — ... Les amis ...

Oh, une autre. C'est que ca deviendrait lass ... Une main. Parfait.

 — ...les poissons rouges ?


Admirez ma capacité a changer de sujet quand je flippe. Mine de rien, ca fait deja une petite heure qu'on est là.

 — Baaah, ma mère chiante, mes soeurs toujours pareil. Vàlà vàlà..

Retour des hurlements. Tiens, voilà autre chose. J'aurais jamais soupçonné que sa voix puisse aller aussi haut.

 — Bien. Bien. Bien.

Ouh putain. On attaque la cerise sur le gateau là.

 — BIEN.
 Je me serais bien foutue de la gueule de Maxime mais j'etais un poil trop occupee à me planquer dans son T Shirt. Vous savez, la technique du Lui d'abord ! Je suis trop maigre, laissez moi genre 2 secondes je vais au Mc Do d'en face !

 En attendant, tout le monde crie dans la salle, c'est l'apocalypse. Et comme qui dirait ...

 — BIEEEEN.

 

 

 

— TU SAIS QUE T'AS DES PUTAINS DE YEUX !

Ah vous revoilà ? J'ai le plaisir de vous annoncer qu'on a pas bougé. Toujours dans le cinéma. Là, il est juste en train de me fixer yeux dans les yeux pour échapper à la vision de deux trois personnes brûlées vives.

— T'AS PAS VU LES TIENS, C'EST PLUS DES YEUX C'EST DES CAILLOUX QUI BRILLENT BORDEL

Je me rappelle plus très bien de pourquoi j'ai décidé de venir voir ce film.

— Elles crient plus là, t'es pas obligé de gueuler ! T'AS QU'A ME REGAAAARDER ! Pis en plus je suis beau à voir quand même, il ajoute machinalement, où il trouve la force de plaisanter encore ... ?

 

       Même les autres spectateurs ne reagissent pas à nos hurlements, trop occupés qu'ils sont a faire des vocalises.
— Ouais, OUH PUTAIN OUAIS.
Faites que ce soit la dernière, c'est bien beau le gore mais limite je peux me taper deux saisons de MLP là. LIMITE.

— Y RESTE ENCORE 1 HEURE DE FILM, CRIE PAS DE SUITEUUUH !
... Dit celui qui est en train de faire profiter de sa sublime voix toute la salle.

 

— Bon. Tu m'excuseras mais VIENS ON VA CHERCHER DU POPCORN C'EST UNE BONNE IDEE CA, HEIN.
— OUAAAAIS!

 

Illumination.


Il m'attrape par la main avant qeu l'on ne détale tous les deux de la salle. Une fois dehors, je plaque mon dos contre un mur à pour respirer tandis qu'il fait de même.

— Pardon ça m'a perturbé, alors, j'ai pas envie de retourner là-dedans moi, viens je vais te montrer un truc, me propose-t-il au bout de quelques secondes.

— Hmm. Je te suis, je tente un sourire, encore legerement degoutee.

 

Ah. Il ... fait nuit. Alors qu'on se dirige vers sa moto, je serre sa main : si un psychopathe tueur apparait et qu'il me fait le coup du BON BAH JE TE LAISSE HEIN SCHUUUSS, il prendra ma chaussure dans la figure, qu'on rigole.


Parano ? Un peu. Petit petit peu.


J'enfile le casque qu'il me tend et m'installe, en profitant pour le serrer comme une peluche des qu'on demarre.
Sentiment de sécurité.

 

Tandis que l'on se dirige vers l'endroit qu'il voulait me montrer, je me remets peu à peu de mes émotions et lorsque l'on arrive devant ce qui a l'air d'un bar universitaire, je suis arrivée à quitter ma nausée.

— Tu sais jouer au billard ?
— Ouuu ...
Eh ? J'ai l'impression d'arreter le temps là. Minute.

Si je dis oui, on fera surement une partie banale. Et si non ? ... Il risquerait de vouloir m'apprendre. MOUAHAH-hum uhm, excusez moi.

— ...at ? Moi ? Du billard ? J'ai une tete a faire du billard, je ris, jamais essayé.
— Okay, bah viens je vais t'apprendre.

 

Tandis qu'il se dirige vers le billard je fais un léger signe de victoire dans son dos avant de le suivre.
— Si tu veux de l'alcool, ici ils vérifient pas ... me murmurent il soudain avant de demander une bière au serveur.
Du jus d'orange, ça serait parfait. Je deconne. Plus serieusement, pas de ces saloperies pour moi, gardez ca pour Castiel.
— Sans facon, je reponds en faisant une moue.
— Me dis pas que t'as jamais bu...sérieusement ? me demande-t-il en écarquillant les yeux. Alors comme ça j'ai une tête d'alcoolo ...

 


— J'ai bu, je réponds, et je bois ce que vous voulez quand vous voulez, mais j'en prendrais pas une spontanément, pour le plaisir, quoi.
— Ah ouais? Bah pourquoi, t'aimes pas le gout ?
— Additionne la gueule de bois au fait qu'on balance tous ses secrets quand on est bourré, et t'auras ma raison de pas aimer boire ... Alors, ce billard ? Je souris en éludant la question.


Il me sourit et je suis contente qu'il comprenne que je ne veuille pas développer. Aquiescant, il prit la matériel nécessaire tout en saisissant sa bière pour en boire une gorgée. Ayant saisi la canne, il se contenta d'en décocher un coup pour que la boule 1 ne disparaisse.


— Bon, comme t'es débutante, je te laisse jouer la 2. Alors, prend la canne.
Il me tend la mienne avant de me serrer dans ses bras pour guider mes mouvements, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
—  Tu la tiens comme ça!
...

... Vous savez, l'histoire des hormones, et tout ... ca vous dit rien ? Oh, faites comme si j'avais rien dit.

Puis fallait s'y attendre, avec mes bras en mode gélatine, j'ai foiré comme il le fallait le premier ttir.

— T'as fait sauter la boule, faut viser au centre pas en bas, sinon tu vas gratter la table l'abîmer et faire sauter ta boule. Attends, regarde!

Il reprend sa position tandis que je commence à rougir. MOI ? ROUGIR ? Vous auriez fait quoi d'autre vous, à part lui déocher un coup de pied là où ça fait mal (et ça je préfère éviter) ?

Et pour ne rien arranger, il s'en aperçoit et pose ses mains sur mes joues avec un air inquiet.

— Hey, ça va? T'es bouillante!

— Je supporte pas la chaleur, suffit de voir ma peau pour le savoir, je me justifie sans conviction.

— Hmm, okay, concentre-toi bien sur ce coup, il est assez dur, répondit il en laissant tomber.

 

Oh mon dieu ça va plus du tout là. SURCHAUFFE. Calme toi Iris. Je tire finalement ...

Et la loupe totalement. Urgh.

— Raaah, loupé, je t'avais dit qu'il était dur. Rejoues-le, c'est pas grave. Mais n'oublies pas, tu dois bien positionner la canne, attends je te montre. Là, ça devrait être bon. 

 

Je finis par réussir mon coup. Après une petite partie, Max consulta sa montre pour remarquer l'heure tardive. 

- Bon, faudrait que je rentre moi hein, y'a mon amie qui doit m'attendre, tu viens, je te ramène.

- Yep, je réponds.

Bon, autant se l'avouer je suis déçue. Et on quitte ce petit bar universitaire, abandonnant cette partie de billard qu'on n'achèvera jamais ... Ffft. 

J'ai beau savoir que c'est ridicule, je ne peux m'enmêcher de me dire que cette "amie" est une putain de chanceuse.

 

— Accroches toi bien, y'a pas mal de vent.

 

Lorsque nous sommes installés sur la moto et que nous démarrons, j'enlace Maxime un peu polus fort que nécessaire, me blotissant contre son dos pour éviter le vent qui me plaisait tout à l'heure et qui parait glacial à présent.

Alors, c'est fini ... ? Déja ?

L'espace d'une après midi, j'avais tout oublié. Tout. Que ce soit ma mère, Rosalya, Castiel ou même mes études; et maintenant je me sens coupable.

J'aimerais être égoïste, en fait, capable d'être égoïste. Capable d'arrêter d'assumer un role qui n'est pas le mien et surtout, capable d'être ...

Heureuse ?

Je me rends compte que je m'étais accrochée à lui comme à une bouée de sauvetage pendant que je me noyais dans mes responsabilités. Sauf qu'à présent, et bien ...

Je vais être seule de nouveau. Je savais que je n'aurais pas du m'attacher à lui, à sa mimique lorsqu'il est concentré, à son sourire, à sa répartie qui est la seule à avoir jamais tenu tête à la mienne, ou à sa façon d'avoir l'air d'un ange puis d'avoir un regard luisant de sous entendus la seconde d'après ...

 

Il se gare devant nos studios, et soudainement, ils n'ont plus l'air que de vulgaires briques empilées les unes sur les autres. Comment est ce que je faisais déja pour supporter la pression ?

Quelle idiote. Il fallait t'en douter qu'il ne resterait pas toute sa vie, que ton rêve égoïste ne serait pas éternel ...

 

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